Croiser une girafe en faisant du vélo

Contenu

Titre
Croiser une girafe en faisant du vélo
Auteur·ice
Léo Guillaume
Léo Guillaume
Langue originale
Français
Résumé
Siméon Lafargue, le fils du coiffeur fantasque de Pisany, est devenu le fossoyeur de la commune. Ce boulot, Siméon le fait par obligation, sous la férule d’une mère à l’autorité dépressive. Mais le gamin cherche une porte de sortie parce que Siméon, son envie profonde : c’est le monde. C’est une promesse aussi, faite entre Ludo et lui, son ami trop vite parti. Un jour d’automne, Adèle, la grande sœur fugueuse et rebelle décide de revenir après deux ans d’absence, avec le poids d’un secret en poche. Alors la famille se retrouve au complet et chez ces gens là, quand ils sont ensemble, les tensions explosent. Mais peu importe les règlements de compte, Siméon est déterminé à partir.
Ici, pas de destins exceptionnels, pas d’envergure. C’est l’histoire d’une famille moyenne de province. A Pisany. Pisany, en Charente-Maritime, une campagne banale mais à quelques kilomètres de l’océan tout de même. De quoi rêver à un ailleurs, les yeux perdus sur un horizon d’écume. Tout aussi banal le commerce du village, l’artisan coiffeur, l’ennui, l’émancipation d’un fils aux idées de grands larges. L’ordinaire comme décor, puis, les envies inavouées, les compromissions et la frustration de chaque personnage comme moteur à détruire ce décor. Dans ce texte, j’écris un portrait de famille trop décalé pour être tragique et trop grave pour être réaliste. Ici, le plausible explose. Les situations sont parfois irrationnelles, l’onirisme a la part belle dans l’histoire de ces personnages.
Je ne cherche pas le réalisme mais au contraire une atrophie de la réalité et des situations. L’écriture penche vers l’invraisemblable, elle en devient allégorique. Presque poétique par endroit. Le texte donne la sensation d’une répétition de moments et de remises en question contradictoires qui conduisent à une perte du contrôle de la situation et au sentiment d’assister à une catastrophe lente et délicieusement inéluctable. La farce est méchamment drôle. C’est un «boulevard» acide, un vaudeville sans amant dans le placard mais les mots qui fusent, les actions soudaines et les «claques qui portent» suggèrent l’énergie du genre. C’est une comédie mordante aux accents burlesques employés pour faire face à la cruauté des relations et créer une distance risible à l'aliénation des personnages entre eux. Sans jamais se moquer, l’écriture dissèque le sentiment, la relation, avec excès et sincérité. On pense aux comédies italiennes.
L’histoire se déroule sur trois saisons. Il n’y a pas de printemps.
Année de sélection
2023